Pompiers des Bouches-du-Rhône

Message des Pompiers des Bouches du Rhône

Un niveau de danger élevé

En ce début du mois d’août le département est toujours soumis à un risque feux de forêts particulièrement fort.

La sécheresse des végétaux est profonde depuis l’été 2016 et la faible pluviométrie enregistrée depuis n’a pas permis de la compenser. Bien au contraire, elle est aggravée en surface par les températures élevées que nous connaissons ainsi que par les épisodes de vent qui se succèdent.

Dans ces conditions, le niveau de danger expertisé par Météo France est fréquemment qualifié de très sévère et le niveau exceptionnel a été atteint lors de l’épisode de Mistral du 24 juillet.

Il est à craindre que les Bouches-du-Rhône soient de nouveau soumises à un risque exceptionnel en cas de vent fort.

En effet, les données météorologiques à court terme ne font pas apparaitre de perspectives de précipitations. Bien au contraire, nous traversons une phase de canicule qui devrait être suivie par un épisode de vent à compter du dimanche 6 aout. Aussi, la sécheresse progressant, le niveau de danger va s’élever et de nouveaux départs de feux sont à envisager.

 

Un bilan provisoire en augmentation

Au 2 août, on dénombrait 114 feux de forêts et 1150 hectares parcourus.

Ces données provisoires traduisent une augmentation qui est corrélée avec les indices de danger évoqués ci-dessus.

Pour mémoire le bilan final des 5 dernières années est le suivant :

  • 2016 : 395 feux pour 4794 ha
  • 2015 : 39 feux pour 12,8 ha
  • 2014 :75 feux pour 12,11ha
  • 2013 : 78 feux pour 90 ha

A ce jour, les feux les plus significatifs sont ceux de Saint Cannat (800 ha le 15 juillet), Martigues/Carro (160ha le 26 juillet) et Peynier (100ha le 26 juillet).

Il faut également souligner la pression incendiaire exceptionnelle sur le secteur de Fos/Istres avec en particulier le feu du 1er aout qui a touché une partie urbaine de la commune d’Istres.

La réponse opérationnelle

La réponse du SDIS13 est proportionnée à ces risques avec plus de 500 pompiers mobilisés en plus des 500 assurant le dispositif de garde journalier.

Elle est organisée autour de la complémentarité des moyens mis en œuvre (groupes d’intervention feux de forêts, modules lourds, modules d’interface et de protection, détachement d’intervention héliporté, équipe feux tactiques, hélicoptères bombardiers d’eau, groupe d’alimentation, avion d’aéro surveillance, drones, etc…). Cet ensemble permet un engagement massif et adapté aux situations rencontrées.

La mobilisation fournie traduit un effort exceptionnel pour l’ensemble des agents ; qu’il s’agisse des pompiers comme du soutien technique, logistique et administratif.

En cas de risque exceptionnel ou de feux majeurs la solidarité nationale opère et des renforts d’autres SDIS viennent compléter ce dispositif.

A ce jour, plus de 90% des départs de feu sont toujours éteints avant qu’ils n’atteignent un hectare et aucune perte de vie humaine n’est à déplorer.

Si des biens ont été endommagés ou détruits (notamment des véhicules sur Istres) ce sont des centaines de maisons qui ont pu être sauvées ainsi que des établissements recevant du public (maisons de retraite, camping, hôtels) et des bâtiments industriels ou commerciaux.

Enfin, des milliers d’hectares ont été préservés.

La permanence du risque nécessite de rappeler les consignes essentielles au public.

Prévenir les incendies

La plupart des feux sont d’origine humaine. Il s’agit donc de les éviter par des précautions simples.

  • Les cigarettes sont à proscrire en forêt.
  • Les mégots ne doivent pas être jetés en bordure des massifs, champs et broussailles.
  • Des précautions d’emploi sont nécessaires pour les barbecues : ils doivent être réalisés sur une aire protégée, à distance de la végétation (200 m) et avec un moyen d’extinction à proximité.
  • Les brûlages sont formellement interdits.
  • L’usage de feux d’artifice ou pétards est interdit à proximité de la végétation.
  • Le camping ne peut se faire que sur des lieux autorisés, sécurisés et protégés.
  • Les travaux dans les zones situées à moins de 200m des massifs sont règlementés car ils peuvent également causer des départs de feu. Sont particulièrement visés les travaux impliquant l’utilisation d’appareils ou d’engins à moteur thermique (disqueuse, débroussailleuse) et le travail des métaux (soudage, meulage, tronçonnage). En fonction du niveau de danger ils seront soit interdits, soit autorisés totalement, soit autorisés partiellement (le matin uniquement). En tout état de cause, même s’ils sont autorisés des précautions devront être prises. Ainsi, il faudra disposer de moyens d’extinction et travailler dans une zone dégagée.
  • Ces conseils sont à retrouver sur le site internet officiel de la préfecture des Bouches-du-Rhône : http://bouches-du-rhone.gouv.fr

Protéger sa maison

  • Faciliter l’accès: il est important que les véhicules des pompiers puissent accéder jusqu’aux habitations aussi il faut laisser les portails ouverts en cas de feu.
  • Entretenir sa maison: par exemple, l’accumulation d’aiguilles de pin sur une toiture est un facteur de risque. De même, la présence de nombreux mobiliers combustibles (par exemple des chaises en bois ou en plastique) et de bouteilles de gaz autour de la maison ou sur le balcon d’un appartement à proximité immédiate d’un massif forestier.

Accéder aux massifs

En été, la règlementation en vigueur interdit l’accès en cas de risques très sévères et exceptionnels.

Où trouver l’information dans les Bouches-du-Rhône ?

  • Sur le site internet officiel de la préfecture : http://bouches-du-rhone.gouv.fr;
  • en téléchargeant gratuitement l’application MYPROVENCE BALADE ;
  • en téléphonant au 0811 20 13 13 ;
  • par mail, en s’abonnant à enviedebalade@myprovence.fr.

En cas de sinistre

Si un feu survient, il convient de respecter les consignes suivantes.

  • Alerter : donner une localisation claire (commune, voie), préciser l’accès et, dans la mesure du possible, indiquer l’importance du feu et sa nature (champ, broussailles, foret).

L’alerte s’effectue par téléphone en faisant le 18 ou le 112.

  • Suivre les consignes : si vous n’êtes pas à proximité immédiate du départ du feu, soyez attentif aux consignes qui seront données soit directement (pompiers, police, gendarmerie), soit par les radios, soit sur les réseaux sociaux (sites officiels Twitter et Facebook Pompiers13).
  • Se confiner ou évacuer ?

Pour les pompiers, il est plus facile de protéger une maison accessible et entretenue que d’être confrontés à de nombreux véhicules qui gêneraient leur accès au feu.

En revanche, l’évacuation sera indispensable pour les occupants des caravanes, mobil home, camping ou cabanons et de maisons situées dans un environnement trop risqué.

  • Si l’évacuation est nécessaire, elle est organisée et elle sera ordonnée par les services de police: roulez prudemment mais sans vous arrêter en direction opposée au feu, vitres fermées et avec vos feux de signalisation allumés. Ne sortez pas de votre véhicule s’il y a de la fumée. Prenez garde aux risques de chutes d’arbres ou de poteaux en bois. Dans la mesure du possible, prévoyez à l’avance un kit de sécurité avec les documents essentiels, des médicaments pour les personnes sous traitement et un minimum de vêtements.
  • Se protéger: rassembler ses proches dans un bâtiment.
  • Limiter les risques: fermer portes et fenêtres, enlever les bouteilles de gaz et le mobilier combustible afin soit de les mettre à l’intérieur d’un bâtiment protégé, soit de les immerger dans une piscine si c’est possible.
  • Faciliter l’accès des secours: éviter de circuler et de stationner aux abords ainsi que dans la zone concernée par le feu.
  • A l’arrivée des secours: signaler les risques induits par le feu (par exemple un réservoir de gaz à proximité), les ressources (une piscine qui ne seraient pas visible), les accès (un chemin qui faciliterait l’accès au feu), la présence ou non d’autres personnes sur le site ou à proximité (voisins ayant des difficultés à se déplacer, randonneurs).
  • Ne pas faire voler des drones pour prendre des images du feu car ils constituent un danger majeur pour les avions et les hélicoptères de la sécurité civile ainsi que des pompiers qui volent à très basse altitude.

Ces consignes ne sont malheureusement pas toujours respectées.

La persistance des départs de feu liés à des imprudences supposées en atteste.

De plus, il faut souligner que lors de feux récents les pompiers ont été confrontés à des explosions de bouteilles de gaz stockées à l’extérieur d’habitations. Si jusqu’à présent il n’y a eu que des blessés légers,  il s’agit d’un danger majeur pour les intervenants comme pour les riverains.

Enfin, des maisons ou des cabanons ont été endommagés par les flammes ou les fumées parce qu’ils se situaient sur des terrains non débroussaillés ou qu’ils n’étaient pas fermés.

Un rappel est donc indispensable ; tant auprès des populations permanentes que des touristes qui se succèdent dans le département et vont de nouveau arriver au cours du mois d’août.