Le village

Le village fut créé en 1745 par le marquis de Joseph-Charles de Mark de Tripoli de Panisse Passis (propriétaire du château et du domaine de Lamanon).

Une cinquantaine de maisons sont construites à proximité du château pour loger les familles des ouvriers agricoles et domestiques qui travaillaient pour le Marquis.

En 1793, Lamanon comptait 286 habitants. A la révolution en 1789, le grand événement fut en fait la création du premier Conseil Municipal et l’élection du premier Maire de Lamanon Mr Paul Turc.

A la fin du XIXe Lamanon s’éveille. Avec l’évolution du progrès scientifique, ce village a la chance grâce à sa situation privilégiée de voir des réalisations techniques nouvelles se mettre en place sur son territoire, en particulier sur le plan des communications. 

En 1821, une station relais de transmission de signaux optiques est installée sur la colline à l’emplacement de la vigie actuelle. Ce relais du télégraphe « Chappe » servait à la liaison Paris-Toulon sur la partie Orgon-Lançon. Ce moyen de transmission fut abandonné en 1856. Une exposition sur son histoire peut être vue au musée de l’Association Cales St Denis au Cabaret.

En 1870, la trouée de Lamanon étant encore à l’époque l’endroit le plus apte à assurer les communications entre le Nord et le Sud, la nouvelle voie ferrée assurant la liaison entre Paris et Marseille ne pouvait que passer par Lamanon et les trains de la Société d’exploitation « P.L.M » (Paris – Lyon – Marseille) s’y arrêtaient comme s’arrêtent de nos jours ceux de la SNCF.

En 1881, une autre ligne de chemin de fer Ouest-Est assurant la liaison Arles-Eyguières-Meyrargues fut construite. La voie ferrée passant sous la première voie Nord Sud (à proximité du passage à niveau Sud actuel) desservait Lamanon. Ce train s’appelait populairement « Le Batignole ».

Dans cette période d’expansion économique dont la région bénéficiait, le village s’était agrandi. On dénombrait dans la commune en 1880, 84 maisons et 342 habitants.

L’exploitation agricole avait pris une grande importance. Toujours sous l’autorité du châtelain, le Marquis de Panisse Passis, les principaux métayers occupant les grandes fermes de la Grand Manon, de Beauvezet, de Boisredon, de la Tuillère, de Napoulon, de la Baronnerie ou des Barres employaient la majorité des habitants de Lamanon. Le domaine était vaste et les cultures variées,  350 hectares de vignes en 1880 produisaient 450 hectolitres de vin. Les céréales (blé, avoine etc..), les prairies (élevage de moutons), les arbres fruitiers (oliviers, amandiers et les mûriers) assuraient aussi une production suffisante pour que les habitants subviennent largement à leur besoins. Les commerces en 1882 dans le village étaient plus nombreux que de nos jours. Il y avait 4 épiciers, 2 boulangers qui fabriquaient à eux deux 800 Kg de pain par jour. Il y avait aussi 2 cafetiers, un meunier, un boucher, un cordonnier, un maréchal ferrant et un loueur de voiture pour ne citer que les principaux.

La poste ne fut construite qu’en 1898, à l’emplacement actuel. La seule école (entre 1859 et 1904) fut l’école congrégationniste tenue par les sœurs, installée dans une aille du château. Il faut attendre 1904 pour qu’un école laïque mixte soit créée et logée provisoirement dans le bâtiment de la Mairie actuelle.

Quant à l’église, achevée en 1783, elle a dû subir une restauration en 1863 après la construction du presbytère en 1858. A cette période deux chapelles étaient encore accessibles aux paroissiaux, la chapelle de château et la chapelle St Denis de Calès.

Au début du XXe siècle, l’électrification du village est en bonne voie (1905).

En 1909, on construisait l’école laïque des « Marronniers » et le tremblement de terre n’avait pas fait trop de dégâts.

En 1918, l’armistice de la guerre de 1914-1918 ne pouvait apporter qu’un grand soulagement aux Lamanonais, car malheureusement 27 de ses enfants n’étaient pas revenus du front et étaient morts pour la France.

En 1920, le pin d’Alep était exploité dans les collines du Desfend et de Roquerousse pour produire la sève et après distillation l’essence de térébenthine. Les premiers résiniers venus des Landes (Les Familles Goalard, Bounior, Lalagu et Dauba) ont apporté leur savoir-faire dans le gemmage. Leurs descendants habitent encore Lamanon et une exposition sur l’exploitation de la résine à Lamanon est visible au musée de l’ACSD au Cabaret.

La scierie et la distillerie étaient situées sur l’emplacement de l’actuelle usine Bonna Sabla.

En 1923, le domaine de Lamanon sur le plan agricole était en plein essor. Ses vignobles (60 hectares) produisaient un vin de qualité grâce auquel  une médaille d’or fut décernée au domaine, à l’occasion de l’exposition coloniale.

La cave vinicole se situait à l’emplacement actuel de la Brasserie Ferrero et servait à vinifier provenant de toutes les parcelles de vigne du domaine.

En 1938, bien qu’il ne se soit jamais posé d’avion à Lamanon, ce village aurait pu avoir une vocation « aéronautique ». Il avait été envisagé de construire un aérodrome militaire en 1936 dans la plaine de Sénas à proximité de la Grand Manon pour y implanter l’Ecole de l’Air. La ville de salon a obtenu la préférence.

En revanche, cette année 1938 le dépôt de munitions 647 est créé dans la colline du Desfend. Il était géré par la base aérienne 701 de Salon de Provence.

Il a pu résister aux tentatives de sabotage des troupes allemandes en 1944.

Plusieurs enfants de Lamanon y ont fait leur service militaire et quelques filles du village y ont trouvé leur mari. Il a été fermé en 2008.

La libération du village a eu lieu le 23 Août 1944, à 15h00 les G.I de l’Armée américaine entraient dans le village.

La veille juste avant leur départ, les Allemands faisaient sauter les ponts de la commune et une partie du dépôt de munition. Les habitants du village craignant que l’explosion du dépôt de munitions détruise leur maison, étaient montés se réfugier dans les grottes de Cales.

Lamanon commence à changer à partir de 1950, les premières industries s’implantent sur la commune (la NOR en 1949 devenue aujourd’hui Mirion, l’usine Sabla en 1954, la SALF en 1956).

La recherche de villégiatures paisibles dans un cadre luxuriant amène beaucoup de gens, travaillant dans les environs ou sur le point de prendre leur retraite, à s’établir dans ce village tranquille.

La population augmente, de nouvelles résidences et lotissements se construisent autour du village, des artisans et des sièges sociaux d’entreprises s’installent.

En 1954, Lamanon comptait 670 habitants.

La commune se voit obligée de revoir ses structures, de se développer et de se moderniser.

Aujourd’hui, Lamanon compte un plus de 2000 habitants et plus de 800 emplois générés par les acteurs économiques locaux (commerçants, artisans, professions libérales, entreprises et agriculteurs).